En été, sur le sable, semble s'écrire une nouvelle page de l'histoire des bibliothèques. Les bibliothécaires le savent, la fréquentation de leur établissement décline avec l'arrivée des beaux jours jusqu'à la rentrée qui ramène certains usagers à eux. Ce rythme apparaît comme inexorable et la bibliothèque voit son atmosphère modifiée. Certains se livrent à des activités impossibles en temps ordinaire, d'autres attendent en mettant en scène la bibliothèque ; de plus en plus vont à la rencontre des lecteurs. Ces opérations révèlent une évolution des pratiques et discours professionnels: la bibliothèque ne peut se définir que par la qualité de ses collections et de son espace ; elle trouve sa raison d'être dans la promotion de la lecture. Il convient de tenir compte des aspirations de la population pour atteindre cet objectif.
Ce désir d'aller à la rencontre des publics se traduit par une offre renouvelée : les collections sont réduites, font la part belle aux demandes des usagers du « pavé » best-seller qu’il faut avoir lu à la bande dessinée, le tout dans un cadre moins institutionnalisé et impressionnant que certains grands établissements. On peut s'attendre à ce que ces initiatives reçoivent un assez grand succès de la part des visiteurs des plages à Marseille. Il faudra chercher à dresser des bilans pour l'attester (nombre de visites, de visiteurs, de prêts). Sans doute aussi, cela contribuera-t-il sans bruit à une modification de l'image des bibliothèques : y compris ceux qui seront seulement passés devant l'installation avant d'aller enfouir la tête dans leurs rêveries ensablées ; ils auront pu constater que les bibliothèques ne se contentent plus de les attendre et savent proposer des collections à même de les intéresser.